Musicothérapie : Quand la musique adoucit les moeurs

Les musiciens le vivent au plus profond de leur cœur et les auditeurs le ressentent aussi : la musique est une bienfaitrice ; communicative, elle suscite de nombreuses émotions, fais appel à notre intelligence affective comme cognitive, stimule et donne du plaisir. Pour bon nombre d’entre nous elle est tel un exutoire et son expérience, active ou réceptive, favorise parfois une sorte d’automédication inconsciente.

Bien que les mots et la poésie peuvent eux aussi apporter un certain réconfort, nous allons particulièrement nous intéresser aujourd’hui à l’expérience sonore comme vecteur de bien-être. Par le biais de la pratique d’un instrument, mais aussi grâce à la méditation ou à la simple écoute de musique, nous allons voir – sans entrer en détail dans le champ du médical – que cette expérience est en tout point positive.

Les multiples vertus de la musique

La musique rassemble et est pourvue d’une dimension sociale indéniable, c’est un premier point assez important à souligner, car, d’un point de vue esthétique, mêmes si vos penchants sont plutôt orientés vers des genres peu accessibles comme le death / grind / black metal, il n’en demeure pas moins que la violence et la torpeur, suintant de ces courants musicaux, unissent plus qu’ils n’isolent, au même titre que la musique classique, le jazz, ou tout autres styles. Néanmoins, dans le cadre de la musicothérapie les instruments utilisés sont plutôt choisis pour favoriser la détente, peu probable donc de retrouver guitare électrique ou batterie dans le cadre d’expériences méditatives par exemple !

Parenthèse fermée, une fois la dimension esthétique mise de côté, ne reste que la sonorité, le son en tant que signal à l’état brut, une vibration qui se propage sous forme d’ondes et dont l’acoustique nourrit nos perceptions auditives, engendrant par la même occasion une kyrielle de stimuli. Des répercussions dans nos cœurs et nos esprits dont les bienfaits ne sont plus à prouver.

Que les sons soient complexes ou simples, leurs vertus sont nombreuses et le champ d’applications de la musicothérapie s’élargit à mesure que le temps passe. Bien qu’il soit difficile d’en faire ici une liste exhaustive, on peut tout de même articuler avec une marge d’erreur assez faible, que la musicothérapie permet, sans aucune contre-indication, de :

  • Réduire l’anxiété et le stress
  • Améliorer le sommeil
  • Aide à soulager les douleurs
  • Améliorer la qualité de vie des autistes, bipolaires et schizophrènes
  • Contribuer au développement personnel
  • Contribuer au développement de l’enfant
  • Améliorer l’humeur, l’état global de personnes souffrant de certaines maladies (Parkinson, Alzheimer, etc.)
  • Calmer les personnes épileptiques
  • Aide à la concentration

Les études scientifiques abondent en ce sens, même si la musique ne se substitue bien entendu pas aux traitements habituels prescrits dans le cadre de certaines pathologies, elle accompagne et permet d’adoucir les symptômes autant que d’avoir un impact holistique qui se traduit par un meilleur état de santé général, une qualité de vie accrue.

Les séances de musicothérapie se déroulent habituellement chez un spécialiste qui bénéficie d’une formation universitaire et qui maîtrise aussi bien la pratique musicale que des connaissances complexes à propos de la psychologie et de la neurobiologie. Toutefois, si vous souhaitez avoir recours à un tel spécialiste plutôt que de simplement pratiquer chez vous ou entre amis, sachez que la profession n’est malheureusement pas réglementée et les écoles délivrant le diplôme de musicothérapeute ne sont pas reconnues par l’État. Par conséquent, n’importe qui peut s’ériger comme un expert en la matière, préconiser des approches « ésotériques » de la musicothérapie, ou même exercer sans aucun bagage scientifique.

enfant et musique

Les dimensions de la musicothérapie

Comme précisé en introduction, cet article n’a pas pour but de lister les applications médicales de la musicothérapie, même si nous sommes bien obligés de les aborder de près ou de loin. Ici, il est plus question d’une pratique personnelle, à la maison, ou en groupe, hors du champ de la médecine et de la profession de musicothérapeute (dont les méthodes se retrouvent plus globalement dans le domaine de l’art-thérapie).

La dimension active

La première dimension thérapeutique de la musique est bien entendu axée sur la production sonore, elle est donc définie comme étant « active ». La production sonore c’est bien entendu la pratique du chant, ou d’un ou plusieurs instruments, qu’ils soient à cordes, à vents, ou encore des percussions. La plupart des instruments entrent, leur pratique permettant de relâcher la pression, les émotions et d’apporter une satisfaction incomparable. Contrairement à la dimension réceptive, ce n’est pas tant la détente ou la relaxation qui est visée ici mais bien le relâchement via une communication non verbale. Des instruments comme la batterie entrent donc parfaitement dans cette dimension.

La dimension réceptive

Dans le cadre de la dimension réceptive, c’est-à-dire de détente psychomusical, d’expérience méditative, ou de massage sonore, on utilise souvent des idiophones tel que le hang et le tongue drum. D’une grande simplicité en ce qui concerne la pratique, ils se distinguent par le fait que c’est leur propre structure qui produit le son, d’où le terme idios (soi-même) – phone (sons). Parmi ces instruments on en retrouve bien d’autres utilisés pour leurs sonorités relaxantes, c’est par exemple le cas du gong (bols ou suspendus), de la caisa, ou du gubal, tous deux cousins du hang.

Bien d’autres instruments produisent des sons parfaits pour induire relaxation et détente, parmi eux on retrouve bien entendu le didgeridoo, surtout utilisé en massage sonore en complément du bol tibétain, la flûte amérindienne, l’ocarina, le bâton de pluie, la guimbarde, mais aussi des instruments à cordes, guitare, sitar, ukulélé, oud, et autre tanpura.
Cette liste, qui n’en est pas une, est très loin d’être exhaustive, les percussions, handpans, lamellophones et autres instruments à vents et à cordes sont en effet très nombreux et variés.

Vous l’aurez compris, les musicothérapeutes sont là pour répondre à des besoins spécifiques, ils interviennent notamment dans les structures de soins comme les hôpitaux et les centres spécialisés, les maisons de retraite et autres instituts de cancérologie, mais aussi parfois dans les crèches, les écoles, ou encore les prisons. Le recours à un professionnel se fait donc généralement sur conseil d’un médecin ou autre.

Néanmoins, rien ne vous empêche de profiter des vertus de la musique en commençant par la pratique d’un instrument, en vous rapprochant d’un groupe ou d’une association ou d’amis intéressés par la démarche, ou simplement en élaborant des playlists qui vous font du bien !