Qu’est-ce que la galénique ?

Un très joli mot qui ressemble au nom d’un territoire perdu…Et pourtant, cela n’a rien à voir avec la géographie, mais plus avec la chimie et le marketing ; car il s’agit du mot désignant la forme des médicaments que nous utilisons, à chaque fois que nous sommes souffrants…

Quelles sont les différentes formes de galéniques ?

Quand on y réfléchit bien, il existe vraiment beaucoup de formes sous lesquelles nos médicaments et traitements sont présentées. Les parents se souviennent des doses à respecter avec une seringue que l’on emplit de sirop contre la fièvre, en fonction du poids de l’enfant. Pastilles à sucer, gélule à avaler, stick à appliquer sur la tempe en cas de migraine, oui, les traitements se déclinent sous des formes variées. Mais concrètement, pourquoi ? Dans un premier temps, pour une meilleure longévité du produit. Ainsi, les sirops, que vous prenez avec une cuillère en plastique sont souvent dans des contenants bruns. Cette opacité leur permet de ne pas être touchés par la lumière directe ; ce qui pourrait nuire aux effets actifs contenus dans le traitement. On retrouve ce même soin dans les Fleurs de Bach ou les huiles essentielles, par exemple. Ces petites bouteilles en verre, souvent, ou en plastique doivent être conservées à l’abri de la lumière, mais aussi dans des pièces n’étant pas trop chaudes ni trop froides et leur durée de conservation, pour certaines, est relativement courte.

Ainsi on distingue 4 grandes formes de galéniques :

  1. Les produits liquides : Les sirops, par exemple, comme nous venons de le voir, mais aussi les bains de bouche en cas d’irritation des gencives…
  2. Les produits secs : Les comprimés et les gélules, qui correspondent à beaucoup de traitement : Antihistaminique, traitement pour la migraine, pour les nausées, pour les ballonnements, les antibiotiques, mais aussi les nouveaux produits à emporter et que l’on trouve en stick, pour plus de praticité au quotidien.
  3. Les produits pâteux : Les suppositoires antitussifs, mais aussi les pommades que l’on applique sur le thorax en cas de toux également, pour une action rapide sur les bronches et tout le système respiratoire.
  4. Autres : Dans cette dernière classe, sont regroupés les gommes à mâcher pour lutter contre le mal de gorge, par exemple, les pastilles à sucer pour lutter contre l’état nauséeux ou pour graisser une gorge irritée par la toux.

Pourquoi avoir plusieurs formes de médicaments ?

Leur aspect résulte d’un travail et d’une réflexion profonds. On ne joue pas à pile ou face, car chaque forme présente des avantages, mais revêt également des inconvénients pour le malade.

Pour un meilleur goût et une absorption facilitée

Ainsi, le sirop est une forme qui sera forcément mieux appréhendée par l’enfant malade, surtout que les experts galéniques trouvent le moyen de l’aromatiser pour que le goût du traitement pur soit masqué par une saveur fraise ou fruits exotiques. Il ne viendrait à l’idée de personne de demander à un nourrisson de 6 mois, présentant un accès de fièvre, d’avaler une gélule ! L’enfant risquerait de s’étouffer, car son organisme et ses réflexes de déglutition ne sont pas assez développés pour le faire. De même, pour les personnes âgées, sujettes à ce que l’on appelle « une fausse-route », le sirop ou les comprimés fractionnables ou solubles sont plus appropriés. Pour rappel, une fausse route est un problème de déglutition qui fait que le liquide ou l’aliment, qui doit normalement passer par l’œsophage, passe par la trachée. Ce trouble peut résulter d’un accident (qui peut arriver à tout âge) ou d’une pathologie. La personne qui y est confrontée peut avoir la sensation de s’étrangler. Elle aura alors de réflexe de recracher et de tousser. Ce réflexe peut être moins présent chez la personne âgée, avec des conséquences pouvant aller jusqu’à la mort.

De même, beaucoup de sirops présentent un taux d’alcool. Il est alors demandé une vigilance accrue aux malades, qui doivent prendre le volant, par exemple. Le risque de somnolence est augmenté, ainsi que celui d’être victime d’un accident. Etre malade ralentit les réflexes. Ajouté au risque de somnolence, cela peut présenter un risque pour le patient, en état de faiblesse. Le sirop est ainsi souvent gardé à la maison et à réserver à une prise avant de se coucher.

Pour une plus grande facilité d’utilisation

Difficile de se traiter quand le médicament se trouve à la maison et nous au travail. Pourtant, quand on souffre de la gorge ou que l’on tousse, il faut pouvoir se soigner partout, pour un soulagement rapide. Dans ce sens, les experts galéniques travaillent sur des sprays hygiéniques qui ne seront pas en contact direct avec la gorge irritée (on pulvérise au fond de la bouche, sans toucher les muqueuses), ou des pastilles, qui sont contenues dans des revêtements individuels. Ces traitements dits nomades, permettent de les glisser facilement dans une pochette de sac à main, dans un tiroir de bureau, etc. Attention cependant, à toujours vérifier la date de péremption. Si peu se révéleraient dangereux, ils seraient surtout inefficaces et cela retarderait la guérison.

La forme de la pastille à sucer est surtout intéressante, car contrairement à un cachet que l’on ingère avec un verre d’eau, sa libération prolongée permet une sensation rapide et durable de soulagement. Un gros plus quand on souffre d’un mal de gorge aigu. Tout le travail des experts en galénique repose sur le fait de proposer non seulement un traitement qui soit efficace, mais aussi susceptible d’être toléré, gustativement parlant, par l’usager. Ainsi, il faut arriver à trouver la bonne dose d’arômes qui permettra de cacher le goût initial du médicament qui peut être mauvais (âcre, présentant une forte amertume), sans pour autant mettre un excédent de sucre. Selon la douleur, un malade aura la possibilité de prendre jusqu’à 6 pastilles par jour, qui mettront de 5 à 10 minutes pour se désagréger en bouche. On imagine l’apport de sucre, à chaque prise et l’effet que cela peut avoir sur les dents (présence de caries etc…).

Il y a quelques années, pour se débarrasser des symptômes oto-rhino d’un rhume, on utilisait des gouttes. La galénique a ainsi évolué, pour une meilleure prise en charge de la sphère nez-bouche-oreilles. On assiste ainsi beaucoup à l’utilisation de sprays, plus pratiques à utiliser au quotidien, mais aussi pour une efficacité accrue.

Comment décide-t-on de la galénique d’un médicament ?

Plusieurs facteurs sont pris en compte pour décider de la forme d’un traitement. Dans un premier temps, on vise la stabilité du produit et sa durée de conservation, sans perdre ses qualités. C’est donc aussi le principe actif, contenu dans le médicament, qui va en déterminer la forme et enfin, le consommateur lui-même ! Les enseignes pharmaceutiques procèdent à des études pour voir quelle forme est privilégiée par l’utilisateur : Plusieurs données sont à prendre en compte : La rapidité d’action du principe actif (le patient veut être soulagé rapidement), l’aspect pratique (le patient veut pouvoir emporter son traitement partout), la facilité de prise (le patient veut pouvoir prendre le traitement rapidement, sans devoir faire des préparations et des mélanges, devoir fractionner des cachets trop longs ou épais). Cette question pose aussi, comme nous l’avons vu précédemment, le problème de l’âge de la personne à qui est destiné le traitement. Enfin, le goût (le patient est déjà malade, il ne veut pas d’un traitement au goût désagréable. Finalement, quel que soit le nom qu’on lui donne : Médicament, traitement, dispositif médical, tout est là aussi, une histoire de marketing : Il faut plaire à l’utilisateur.

Sprays, gélules, comprimés, sirops, autant de mots que nous utilisons facilement pour désigner les médicaments qui nous soignent de la petite enfance jusqu’à la vieillesse, du simple rhume à la pathologie plus grave. Sous ces formes diverses se cache un très gros travail de recherche pour faire coïncider les besoins et les attentes des malades et les traitements les plus adaptés…